LES JEUNES FACE AUX ENJEUX ÉCOLOGIQUES DU MONDE

LES JEUNES FACE AUX ENJEUX ÉCOLOGIQUES DU MONDE

Qu’ils soient partis cet été à la mer ou à la montagne, les élèves rédacteurs du Club Journal du Lycée Français d’Agadir ont vu leurs grandes vacances perturbées par les mauvaises nouvelles du monde où de multiples catastrophes naturelles ou accidentelles se sont enchaînées, notamment des incendies de forêts à Gran Canaria, en Amazonie et en Afrique, l’Ouragan Dorian qui a balayé les Bahamas pendant la période de la rentrée, sans oublier les terribles crues qui ont frappé Imlil et endeuillé Taroudant au même moment.

Ces phénomènes, souvent aggravés par l’activité humaine, impactent l’équilibre écologique de notre Terre et inquiètent les jeunes qui entrevoient les dangers menaçant leur avenir. Loin d’être indifférents à ces événements, ces derniers ont choisi de consacrer leur article de la rentrée aux enjeux écologiques dans le monde, interpellant ainsi l’opinion publique sur la question.

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. » Antoine de Saint-Exupéry.

LA POLITIQUE ÉCOLOGIQUE DU MAROC

Compte tenu de la situation écologique mondiale, de nombreux pays se sont engagés dans une nouvelle dynamique en faveur de l’environnement. Le Maroc est justement l’un des pays les plus investis dans ce domaine et occupe une position de leader au niveau du continent africain et du monde arabe.

Une position confortée par sa participation active à la mise en place des accords de Paris et à l’organisation de la COP22 à Marrakech.

Les efforts du Maroc pour préserver l’environnement et le protéger de l’impact du changement climatique se reflètent notamment dans plusieurs projets comme le Plan Maroc Vert qui vise à faire de l’agriculture un moteur essentiel de croissance de l’économie nationale.

S’ajoutent à ce projet les plans solaires et éoliens qui participeront aux objectifs ambitieux du Maroc d’atteindre, en 2030, près de 52% de la production énergétique du pays grâce aux énergies propres.

Enfin, le Maroc peut se prévaloir d’avoir su honorer ses engagements internationaux en offrant son expérience et ses ressources aux pays du continent africain pour qu’ils atteignent leurs objectifs de développement durable et souscrivent à l’élan mondial en faveur de l’environnement.

NDLR : La protection de l’environnement revêt une telle importance pour le Maroc qu’elle s’inscrit en préambule de la Constitution du 3 mai 2011 en ces mots : « Le Royaume affirme son engagement à organiser un développement économique prenant en compte la protection de l’environnement et à privilégier un développement durable en recourant à des énergies renouvelables. Il affirme également son engagement à veiller à la préservation et à la promotion des richesses géographiques ainsi que celles du patrimoine culturel et historique. »

LA PROTECTION DES OCÉANS

Alors qu’à chaque seconde, des tonnes de détritus finissent dans les océans, l’Homme continue de produire en trop grande quantité des objets à usage unique. Des bouteilles d’eau aux microbilles de dentifrice, déchets et plastiques se mêlent à la vie marine et la mettent en danger. Les médias et la communauté scientifique parlent d’ailleurs d’un 7e continent de plastique voguant entre les côtes japonaises et américaines.

L’importance des océans est capitale dans la régulation du climat. Leur équilibre fragile, déjà menacé par la hausse des températures, l’est encore plus par la pollution au plastique. Il suffit d’observer l’état de la plage d’Agadir quand l’Atlantique est agitée, ou lors des grandes crues, quand les oueds déversent de nombreux déchets sur le littoral.

En pratique, si rien n’est fait d’ici 2050, nous risquons d’avoir plus de déchets que de poissons dans nos océans, à tel point que, d’après une étude de l’Institut Océanographique de San Diego (Californie), les géologues déterminent notre époque selon les résidus de plastique. Cette ère de surconsommation, appelée Grande Accélération, marquerait le début de « l’Anthropocène* », un marqueur géologique témoignant de notre consommation irresponsable, une ère où l’activité humaine a fini par dominer la planète. (*NDLR : empreinte visible et profonde des activités humaines dans les couches géologiques.)

L’individu a son rôle à jouer dans la protection des océans et il convient à chacun de réduire sa consommation d’objets plastiques à usage unique. Remplacer les sachets par des sacs cabas réutilisables, les bouteilles par des gourdes et les pailles par des tubes en acier inoxydable. Autant de gestes utiles à l’environnement, aussi minimes soient-ils.

LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION VERSUS L’ÉCOLOGIE

On entend de plus en plus parler du réchauffement climatique de nos jours et de ses conséquences néfastes sur l’environnement, sur le monde et sur nos vies. Il n’est un secret pour personne que l’Homme en est le principal responsable, mais certains y sont plus vulnérables que d’autres et certains en sont plus « responsables » que d’autres, selon leur mode de vie et de consommation.

Pour mieux comprendre cela, il faut s’intéresser au concept de « société de consommation ». Autrefois principalement répandu dans les pays occidentaux qui en étaient les précurseurs, ce modèle sociétal se propage aujourd’hui sous une forme de mondialisation où tout le monde aspire à un mode de consommation sans limites.

Mais ce mode de vie, adulé et idéalisé il y a quelques décennies est aujourd’hui de plus en plus dénoncé et remis en question pour tous les effets néfastes qu’il a sur l’environnement. Il est compliqué de changer un mode de vie pour lequel des générations se sont battues, mais nous devrons réviser les habitudes de nos sociétés toutes entières car, si nous n’y parvenons pas, c’est notre existence même qui sera peut-être remise en question.

L’ÉCOLOGIE À SINGAPOUR

L’Asie est l’un des trois premiers foyers de peuplement de l’Humanité. L’écologie y est donc un enjeu très important. Connue comme ville la plus verte d’Asie, la Cité État Singapour est fascinante pour sa politique de développement durable. Le gouvernement en a fait un véritable enjeu en y introduisant la certification « BCA Green Mark », poussant les entreprises à construire des infrastructures vertes, à faible consommation d’énergie.

À cause de sa situation géologique, l’eau potable était auparavant très limitée à Singapour jusqu’à ce que de nouvelles structures soient mises en place : réutilisation des eaux usées, captage d’eau de pluie et dessalement d’eau de mer, des techniques également développées à Agadir. Singapour a aussi mis un terme au problème de pollution automobile en mettant en place des transports en commun efficaces et une surtaxation sur les achats de voitures. Actuellement, Singapour cherche à développer un nouveau projet de taxis électriques spécialement adaptés aux climats tropicaux. C’est un exemple de pays du futur en termes d’écologie.

LES FORÊTS EN FEU, DE L’AMÉRIQUE À L’AFRIQUE

La forêt amazonienne est considérée comme la plus grande de la Terre avec près de 400 milliards d’arbres. Apparue à l’ère de l’Éocène, cette forêt dense et humide fournit un cinquième de l’oxygène de la planète et stocke du carbone vieux de plusieurs siècles, c’est pourquoi elle est essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique.

En 2019, pas moins de 39.194 feux y ont été décomptés par L’Institut National de Recherche Spatiale du Brésil (INPE). Cependant, les incendies ne sont pas uniquement dus à la sécheresse ou au réchauffement climatique. « Dans les tropiques, pas seulement en Amazonie, le feu est très utilisé pour la gestion des terres », explique le spécialiste des forêts tropicales Jeffrey Chambers du laboratoire national américain Lawrence Berkeley. « C’est ainsi que les gens se débarrassent des déchets agricoles, et, en général, les feux ne rentrent pas dans les forêts. ». Mais les incendies prolifiques de 2019 sont inquiétants : plus de 2000km² partis en fumée rien qu’en juillet. « Il y a une très forte corrélation entre la déforestation et les points de chaleur de cette année », dit Ane Alencar, directrice scientifique de l’institut de recherche environnementale sur l’Amazonie (IPAM).

Mais la forêt brûle aussi sur le continent d’en face, en Afrique subsaharienne.  « 6 902 foyers d’incendie ont été enregistrés en quarante-huit heures les 22 et 23 août dernier en Angola et 3 395 en République démocratique du Congo, contre 2127 au Brésil », rapporte la Gazeta Uigense, quotidien d’une province d’Angola. Beaucoup pointent du doigt les techniques agricoles.

Au-delà des incertitudes qui entourent ces incendies, les problèmes liés à la perte des « poumons » de la terre restent graves. Couper ou brûler un arbre revient à lâcher une quantité de carbone dans l’atmosphère. Il suffit de faire la multiplication pour réaliser que la facture des derniers mois atteint déjà des centaines de millions de tonnes de carbone.

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LES RÉDACTEURS DU CLUB JOURNAL DU LFIA

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Sofia Belhouari, Rhafiri Loujain, El Adib Mehdi, Adam Charef, Saad Idrissi Khamlichi

Sous la rédaction en chef du Magazine Agadir Première