INFIRMIÈRES, INFIRMIERS,  AUX ORIGINES D’UN PRÉCIEUX MÉTIER

INFIRMIÈRES, INFIRMIERS, AUX ORIGINES D’UN PRÉCIEUX MÉTIER

Chaque soir à 20h, on les a applaudis aux fenêtres des quatre coins du monde. Jamais le statut de soignant n’aura été si médiatisé qu’au temps de la pandémie du coronavirus. Mais savez-vous que le métier d’infirmière et d’infirmier n’a pas toujours été tel que nous le connaissons aujourd’hui ? Sa pratique, dans sa version moderne, a été en effet initiée par deux femmes : Valérie de Gasparin et Florence Nightingale. Mais avant le courant lancé par ces deux pionnières, la profession connut des débuts bien différents. Découvrons-les ensemble.

« L’ENFERMIER », GARDE-MALADE DU XIVe SIÈCLE
Issu du mot latin « infirmus » (faible), le mot « enfermier » apparaît en 1398. À cette époque, les « enfermiers » étaient ceux qui gardaient les malades. « L’enfermerie » désignait alors à la fois l’état de maladie et le refuge où l’on soignait les plus démunis. Dans la mythologie théologique, la maladie était souvent assimilée à une possession démoniaque, un fléau tout droit issu des enfers. C’est pourquoi, jusqu’au milieu du XIXe siècle, les infirmières étaient toutes des religieuses. Leur implication tenait plus d’une vocation de charité que d’un véritable métier, vision que vont radicalement changer Valérie de Gasparin et Florence Nightingale.

VALÉRIE DE GASPARIN, LA GENEVOISE
C’est en Suisse, en 1859, que Valérie de Gasparin fonda, avec l’aide de son mari médecin, la première école laïque de formation d’infirmières, nommée « La Source », dont l’approche rationnelle et médicale permit aux infirmières de ne plus se contenter de veiller les malades, mais aussi de leur dispenser un certain nombre de soins. Les élèves infirmières bénéficièrent ainsi de cours scientifiques où soignants et médecins se relayaient pour leur prodiguer l’enseignement nécessaire à leur métier. Valérie de Gasparin fut également la première à demander que ce travail soit rémunéré.

FLORENCE NIGHTINGALE, LA BRITANNIQUE
De son côté, à Londres, Florence Nightingale instaura également, en 1860, une formation pour laïcs qui reste toutefois liée aux valeurs de la religion, afin de perpétuer la vocation de ce métier, le don de soi tel qu’il a pu être dans ses origines. Son nom marquera particulièrement l’histoire du métier d’infirmier(e), grâce à sa participation active pendant la guerre de Crimée où elle partit en 1854 avec une délégation d’infirmières. Surnommée « la dame à la lampe », car elle veillait les blessés tard dans la nuit, elle fut considérée comme une véritable héroïne à son retour à Londres pour avoir contribué à réduire la mortalité dans les camps en instaurant des conditions d’hygiène inédites et en faisant preuve d’humanité auprès des malades. Sa bravoure dans cette mission donna du poids à ses paroles et elle fut écoutée au Département de la Santé. Elle créa donc sa formation, en 1860, au sein des hôpitaux et auprès des religieux en axant ses priorités sur l’hygiène dans les établissements de santé et pendant l’application des soins.

De par leur statut de femmes de la haute bourgeoisie et leurs idées novatrices, Valérie de Gasparin et Florence Nightingale surent se faire entendre pour donner toutes ses lettres de noblesse à ce métier. Une tendre pensée pour elles et pour tous les infirmiers et infirmières mis à rude épreuve pendant la pandémie du Covid-19. Nous leur rendons ici hommage. Qu’ils soient tous remerciés.