HASSAN WAHBI, ÉCRIVAIN, POÈTE ET PROFESSEUR UNIVERSITAIRE

HASSAN WAHBI, ÉCRIVAIN, POÈTE ET PROFESSEUR UNIVERSITAIRE

Hassan Wahbi est universitaire et enseigne à Agadir. Il a publié plusieurs essais critiques, recueils de poésie et d’aphorismes.

FRAGMENTS D’UNE PENSÉE
Ce livre, Hassan Wahbi ne l’a pas conçu. Il l’a fait devenir livre pour contenir une dispersion de paroles impromptues qui retranscrivent des sensations précises, des charges émotives, des énoncés inattendus…
Lucidités : « Peut-on enlever le bandeau à ses vérités pour qu’elles voient d’autres vérités ?… », « Une cause noble ne justifie pas une action ignoble. »
Altérité : « Aimer son prochain ; oui, mais lequel ? », « Ce qui importe, ce n’est pas de demeurer dans la candeur de l’espérance, c’est de maîtriser l’art de désespérer. »
L’intraitable : « Espérer est inutile, la respiration s’en charge déjà. »
Excès : « Lorsqu’une vertu commence à avoir sa police, elle finit par être l’envers d’elle-même, sa parodie. »
Fatalité volontaire : « On ne guérit pas de soi-même, on s’oublie un peu dans les actions humaines, dans le bruit de nos propres pas. »

CARNETS D’UN REGARD
Ce recueil de poésie de Hassan Wahbi est semblable à une lecture de choses du monde, ce qui se donne à voir dans la vie même.
Extraits : « Dans la solitude nombreuse de la ville, dans le site ouvert des corps, un seul geste suffit pour reconnaître un visage et s’arrêter en rêvant de le comprendre. », « Le matin, un café, déjà l’écho du monde, le courage silencieux de recommencer, la voie est là dans l’ordre des pas, dans la poussière claire des événements de la fatalité ordinaire. », « J’ai voulu voir la lucidité, la mettre devant moi pour en faire don aux jours ; et j’ai vu un grand abîme et j’ai entendu les orages de la pensée, et j’ai senti l’obscénité de la lumière. », « Par instant, se reposer, comme se reposent les oiseaux et les arbres, les cieux et les vents, à peine une présence, à peine une respiration, juste un rien vivant. »

AGADIR, LA VILLE IMPASSIBLE
Pour Hassan Wahbi, auteur de ce livre édité par la Maison d’édition AZIGZAO, la ville d’Agadir mérite une approche différente, sensible, ouverte.
Extrait : « Ces changements successifs du climat faisant varier l’atmosphère et l’humeur ; ces montagnes, prolongement en dégradé du Haut-Atlas, qu’on ne voit plus à force d’être là, comme cet Anti-Atlas qui apparaît de temps à autre selon la limpidité de l’horizon, ces « infra-urbanismes » qui parsèment maladroitement les extensions de la ville comme retour inexpugnable du bâti caduque et disgracieux ; ces vents d’Est chauds avec chape de sable qui ferraillent les nerfs et ensablent le regard ; cette conjonction de temps sociaux divers comme les charrettes avec mulets circulant dans les rues de la ville jusqu’aux quartiers résidentiels cherchant les poubelles substantielles ; ces troupeaux de bêtes qui traversent parfois de façon inattendue certains quartiers comme revanche pastorale sur la ville ; ces odeurs de pain sortant des fours publics dans certaines ruelles de Talborjt ou les odeurs de beignets dans la rue du cinéma Sahara ; ces îlots urbains presque autonomes d’une vitalité nocturne rassembleuse étonnante comme les quartiers de Assalam ; cette horloge de la tour des pompiers arrêtée depuis des décennies à qui personne ne demande de donner l’heure ; cette frénésie des vieux taxis fatigués, rescapés du passé, qui geignent et s’arrêtent brutalement comme s’ils avaient des comportements humains ; ces silences magnifiques dans presque tout l’espace d’Agadir les matins des fêtes religieuses ; ces zones vides faites de silences et d’inhabitabilité. »